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INTERWIEV 20 Minutes, les vacances des aidants : conseils

Vacances : Quelles solutions pour partir l'esprit tranquille
sans ses proches dépendants?

 

Oihana GABRIEL
Reporter-rédactrice à 20 Minutes 

http://www.20minutes.fr/societe/2102147-20170711-vacances-solutions-partir-esprit-tranquille-proches-dependants 

 

SENIORS : Pas évident de quitter un parent dépendant même quelques jours sans culpabiliser et s'inquiéter...

  • Partir en vacances quand on a un parent à charge s'avère être un casse-tête
  • Pourtant nombre de solutions existent... mais les familles n'ont pas toujours les informations ou le réflexe de demander de l'aide
  • 20 Minutes fait le tour des solutions pour pouvoir souffler sans culpabiliser: maison de retraite, aide à domicile, appel aux associations...

« Un bon aidant, c’est un aidant qui sait se reposer », assure Claudie Kulak, présidente de l’association La compagnie des aidants. D’où l’importance de souffler l’été et s’autoriser quelques jours off loin d’une mère atteinte d’Alzheimer ou d’un papy dépendant. Et pourtant, les vacances ne riment pas souvent avec insouciance pour les 8,3 millions d’aidants français… Surtout quand la personne à charge vit toujours chez elle. Selon un sondage*, 94 % des Français sont stressés de savoir qu’une personne en perte d’autonomie reste chez elle. Comment partir serein quand on a un proche dépendant ou âgé ?

 

Passer le relais

Première option : offrir un bol d’air à son proche… pour pouvoir souffler. « Les enfants partent en colonie, pourquoi pas nos séniors ? », sourit Claudie Kulak. L’Association Nationale des chèques vacances organise des vacances seniors dans des lieux adaptés aux différents handicaps. Des associations, comme  Les petits frères des Pauvres proposent aussi des séjours.

« N’oublions pas que les maisons de retraite proposent de courts séjours », rappelle Claudie Kulak. Mais attention : il faut s’y prendre tôt car les places sont rares… et chères. « Mais beaucoup de familles ont très peur des maisons de retraite, reprend Claudie. Or, quand on choisit bien, quand on positive cette transition, c’est une bonne solution. Et parfois une façon de familiariser une personne dépendante à la vie collective. »

Autre solution, peut-être plus conviviale : l’accueil familial. L’accueillant familial reçoit à son domicile, moyennant rémunération, des personnes âgées ou handicapées adultes. Bien utile, le site famidac propose de calculer le coût en fonction de la durée, du lieu, des besoins de votre parent. Et côté pratique, une start-up, Cette famille met en lien les proches de personnes dépendantes et son réseau de familles accueillantes.

 

Déléguer l’aide

« Le problème, c’est que beaucoup de personnes âgées ne veulent pas quitter leur domicile », reconnaît Claudie Kulak. Pour celles qui n’ont pas besoin d’une assistance H24, une flopée de services à domicile s’avèrent bien utiles. « Les solutions existent, le problème c’est que les familles ne savent pas où trouver les informations », regrette-t-elle.

Premier conseil donc : se renseigner auprès du Centre communal d’Action sociale (CCAS) et du département dont dépend la personne âgée pour bien identifier les besoins de votre proche… et les possibilités.

Plusieurs sociétés privées proposent des coups de pouce. Notamment La Maison des services à la personne (MDSAP) avec trois types d’offres payantes. « Avec le maintien à domicile, on s’occupe de la toilette et du ménage, précise Brice Alzon, président de la MDSAP. Deuxième formule : la livraison à domicile de repas (entre 9 et 11 euros par repas). Et troisième proposition : « le transport de personnes, pour les patients qui doivent aller chez le kiné ou chez un médecin », reprend Brice Alzon. 

De même, l’Union nationale de l’aide, des soins et services à domicile (UNA), qui compte 850 associations, aide les personnes âgées à la toilette, la cuisine, l’entretien de leur maison moyennant une vingtaine d’euros par heure.

Certains peuvent aussi se tourner vers le nouveau service proposé depuis un mois par La Poste : « Veiller sur mes parents ». Si ce moyen de monétiser la visite du facteur a fait polémique, cela reste une possibilité pour les proches d’être rassuré.

Dans le détail, une visite du facteur par semaine coûte 19,90 euros et six visites, 139 euros par mois. « En tant qu’aidante, je préfère que ça soit le postier qui m’appelle si mon père a un problème plutôt que l’urgentiste ! », réagit Claudie Kulak de La compagnie des aidants. 

Autre possibilité, moins onéreuse : demander de l’aide à des associations. Avec notamment Monalisa, un collectif dont les bénévoles luttent contre l’isolement des personnes âgées rendent visite et échange avec les personnes âgées. Et  Uni-Cités, qui invite des jeunes en service civique à devenir des intergénéreux : ils tiennent compagnie et recueillent les souvenirs de nos seniors.

Téléassistance

La technologie actuelle est un atout de taille pour surveiller et prévenir en cas de problème. Le système le plus courant de téléassistance consiste à installer au domicile de la personne dépendante des haut-parleurs et qu’elle garde autour du cou ou au poignet un médaillon. Qu’elle pourra activer si elle tombe, respire mal… et ainsi contacter une plateforme téléphonique 24 h sur 24. Et si besoin déclencher une intervention médicale ou prévenir un proche.

Plus largement, des détecteurs de chute, de fumée, de gaz, des capteurs dans un fauteuil peuvent aussi s’avérer utiles.

Dernier conseil de Claudie Kulak : « Si vous installez Skype et qu’un petit-fils apprend à sa grand-mère à s’en servir, un rendez-vous par visioconférence permet de vérifier qu’elle a vraiment bonne mine ! »,

 

* Sondage réalisé par Kiwatch, spécialiste de la domotique sur Facebook plus de 6.000 personnes du 19 au 23 septembre 2016.

 

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